Ô toi, source pure et féconde!
Ô toi, qui a porté le monde,
De tes mains divines,
Et ton corps fluide.
Parfois m'en allant fragile,
Sur l'ombrageuse route,
Je ne sais, et je doute:
Serais-je princesse,
Née de Saintes déesses?...

Ma fille, relève-toi et te dresse...
C'est comme l'incarnation de la sagesse,
La  fragile tendresse,
Des flocons de neige, 
Et des nuages, la finesse;
Une douce tristesse.
Nul n'oubliera, de ton charme,
La délicatesse.
Tout être soumettra son arme,
En faveur de ta noblesse.

C'est comme l'éclair de la chance,
Le don de l'espérance.
Les bêtes te préfèrent,
Les diamants te vénèrent,
Les roses, à toi, s'adhèrent.
La Lune sera toujours ta mère
Et les fils du soleil tes frères.

Tu es la naissance
D'une  Pensée sublime:
Le souhait d'un dieu magnanime,
Qui écrivait un poème...
Qui ne se souçiait des rimes,
Mais pourtant des synonymes,
Cherchant à  dire: Je t'aime!
En se regardant au miroir...
Quand son reflet y a perdu 
Ses forces, ses muscles, sa barbe
Toute sa virilité, et son sexe nu.
Le dieu fut plein d'effroi
Voyant son autre ''MOI''
Pour la première fois.
Qu'a-t-il pu apercevoir
Au delà du miroir?
Quel phénomène fragile et froid
Complément de son innocence
A fait de lui l'essence?
Était-ce son spectre, une vierge?
Une fée une dame
Qui apparaissait sans flamme et sans cierges?
C'était pourtant son bonheur
Son hasard et sa veine
Sa vérité, son honneur.
Comme est grande l'imagination du prince
Le rêve d'un homme accompli
Ainsi est celle digne de ce nom
P-R-I-N-C-E-S-S-E
celle qui l'est, elle le sera
Éternellement.
Une princesse est éternelle!